dimanche 15 mars 2015

La culture Kanak, à propos de la journée internationale de la femme.


                                 La journée internationale de la femme soit le 8 mars 2015.


Cette journée axée sur la promotion de l'égalité des genres est également décrétée journée internationale de l'élimination des violences à l'égard des femmes et journée mondiale de la femme rurale.


Elle est organisée par le gouvernement de Nouvelle Calédonie en partenariat avec les 3 provinces et le sénat coutumier.

Le gouvernement a offert le voyage aux femmes qui y participent et nous sommes hébergées à la tribu de Ouitchambo près de Boulouparis chez l'habitant.









Nous sommes 21 femmes d'Ouvéa réparties dans une grande ferme où habite toute une famille : les grands parents, leurs enfants avec leurs petits enfants.
Ce sont des agriculteurs (tarot, igname, bananes) et des chasseurs.
Dans cette famille les femmes d'Ouvéa sont étonnées de constater que toute la famille se parle en français sauf avec les "vieux" et de constater que la "langue" se perd.
Il existe 28 langues et 11 dialectes différents en Nouvelle Calédonie.




les couleurs d'Ouvéa pour la journée sont le bleu et le vert.




Comme il se doit lors d'une cérémonie officielle,  la province Sud accueille la province Nord et la province des Iles, la cérémonie de la coutume est incontournable et fait partie des moments forts de la journée.



Les offrandes de la coutume d'Ouvéa


Chaque groupe apporte des présents pour ceux qui nous accueillent qui seront offerts avec des mots d'humilité et de respect par les chefs coutumiers et accueillis de la même manière par des discours de remerciements.





Et toujours beaucoup de couleur et de bonne humeur, la journée est sans alcool.



Les femmes de Canala, très belles en rose.






Puis il est temps pour le gouvernement de prendre la parole et de nous faire aussi ses discours, il existe toujours chez les Kanak, plus ou moins déguisée, une confrontation entre le pouvoir français et le peuple calédonien qui doit "marquer son territoire".





Par exemple à la levée des drapeaux le drapeau Français avait disparu, son mât est resté vide quelques heures pour réapparaitre mais alors c'est le drapeau Kanak qui avait disparu!.....






En début d'après midi nous avons participé à des ateliers de réflexion et avec Bisso mon amie nous avons choisi le groupe sur l'égalité Homme-Femme animé par Déwé Gorodé.


Bisso à droite




Déwé Gorodé ministre de la culture, de la citoyenneté et de la condition féminine du gouvernement actuel, indépendantiste et écrivain.



Déwé Gorodé au 1° plan




La culture Kanak repose sur le clan et la coutume, l'individu n'existe que par la place qu'il occupe au sein de la tribu, il n'a aucune place en tant qu'individu.


Un atelier très intéressant où ici la parole était aux femmes.

Une femme dit : "Dans notre culture le femme n'a aucun poids, elle n'a pas la parole".

La question serait de leur donner la parole en autorisant les femmes à siéger au sénat coutumier, le débat est entamé.

On reconnait que la place de la femme et sa capacité à prendre sa place dépend de ses rapports avec son mari, et s'ils sont bons tout va bien....
Cependant on sait qu'une femme sur 4 en Nouvelle Calédonie subit régulièrement des violences conjugales.
J'ai par exemple entendu une patiente me dire au détour d'une consultation..."Quand mon mari me bat...." comme s'il s'agissait d'une situation naturelle en soi.
J'ai souvent constaté également les femmes exécuter très humblement les ordres donnés par les hommes.







Sur le plan foncier une femme ne peux pas hériter d'un terrain, elle occupe le terrain de son mari si elle est mariée sinon elle habite chez un des membres de la tribu et en fonction du bon vouloir d'un tonton peut se voir attribuer une parcelle de terrain.









Je vois au dispensaire des jeunes femmes qui travaillent et participent activement à l'économie de la famille et de la société et se pose alors la question des tabous.

La coutume représente un code de conduite qui régit les échanges sociaux et les rites au sein du clan et avec les autres tribus, tout en maintenant le lien avec les ancêtres.
Les tabous sont les actes interdits qui dictent les codes de conduites et ils sont nombreux.
Nous les blancs nous ne les connaissons pas mais ils font partie intégrante de la vie traditionnelle d'un Kanak.

Une jeune infirmière mélanésienne du dispensaire a fait son mémoire de fin d'étude sur la difficulté que représente le fait d'être soignant dans une culture différente en rapport avec ces tabous.
La conclusion de son mémoire fait état d'une culpabilité pour elle dans le cadre de son travail d'infirmière de pouvoir être obligée de exécuter un tabou (par exemple laver un oncle maternel) et dit avoir peur de ne pas pouvoir être pardonnée.

Cette question de la culpabilité d'abandonner la culture de ses ancêtres est me semble t il forte chez les Kanaks.


Cette ambivalence d'accéder au modernisme sans rien lâcher de sa culture explique peut être l'oisiveté et l'alcoolisme en Nouvelle Calédonie comme un frein dépressiogène à tout élan vital?







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                                   Fin d'un WE sur la grande terre, je rentre à Ouvéa et là....Il faut toujours s'attendre au pire avec Ouvéa, mes amis me disent qu'ils ont été menacés de mort pour cause d'homosexualité par un Kanak et qu'ils sont rapatriés d'urgence sur la grande terre....



Je vous présente Simon et Sacha mes amis qui quittent l'ile d'Ouvéa près d'un an après leur arrivée  par ce qu'ils sont homosexuels....







Je ne suis pas d'humeur à vous envoyer un coucher de soleil.































lundi 9 février 2015

L'été à Ouvéa








                                                      Bonjour à tous,













L'île de Fayava et le pont de Mouli que vous connaissez déjà, vus d'avion bien sur.






Voici 6 mois que j'habite à Ouvéa et c'est l'été.

Ce sont les mois de Décembre, janvier , février, mars et il fait une chaleur moite extrêmement difficile à supporter.
Depuis 1 mois la température maximum de la journée monte fréquemment jusqu'à 30 ou 32° et le moindre effort nous transforme en fontaine.
Les moustiques nous harcèlent en permanence et nous ne pouvons nous passer de ventilateur ni de répulsifs à moustiques.
Le lagon est chaud ...... impossible de s'y rafraichir mais y entrer nous permet de supporter la chaleur en fin d'après midi et il nous arrive d'y rester 2 heures (avec un soleil voilé par les nuages).






De novembre à février le lagon est bordé d'algues vertes.






Ici on voit bien une trainée d'algues vertes dans le lagon
 (vert par opposition au bleu de l'océan pacifique)



Certains disent que ces algues nous protègeraient de la "gratte" ou ciguatera transmise par certains poissons de récifs ou de lagons.
Cette maladie est due à une toxine accumulée dans des algues du lagon mangées par ces poissons et qui suit la chaine alimentaire pour se retrouver chez l'homme.
D'autres disent que ce serait plutôt la pollution qui favoriserait la "gratte" et à Ouvéa à moins de manger du poisson TOUS les jours (et accumuler suffisamment de toxines pour en être infecté) onous sommes épargnés.

L'alimentation des habitants d'Ouvéa comprend aussi les tubercules (Tarot, igname, patates douces, manioc) cultivées par chaque famille dans le champ de la tribu.
Ces aliments sont de plus en plus délaissés par les jeunes au profit du riz qui est importé.




Le snack du paradis d'Ouvéa ( c'est son nom) au début de l'été





Le cocotier est également une des plantes principales de l'ile, il apporte ses noix bien sur et ses palmes pour la fabrication des cases et tout ce qui sert à s'abriter du soleil ou du vent. Les palmes sont tressées par les femmes, elles n'oublient pas la décoration.






La cocoteraie













Ses noix sont utiles à l'alimentation locale mais aussi à la fabrication de la coprah (réalisée à partir de l'amande de la noix séchée) pour la création d'huile de coco et de savon. Il existe d'ailleurs une huilerie-savonnerie sur l'île qui fonctionne.






Il ne faut pas oublier le pandanus, plante très importante du pacifique et de l'océan indien.
Ici le pandanus est très utilisé en vannerie pour confectionner des sacs, toiles, tapis, mais aussi des parures de fêtes, des décorations d'intérieurs ou d'extérieur.
Il est imputrescible ce qui fait de cette plante une fois travaillée un matériaux de choix pour certaines constructions.


Le pandanus










Et le cannabis bien sur, très jolie plante d'ornement, qui pousse dans tous les jardins et sur le bord des routes. Sans elle la vie sur l'île ne serait pas ce qu'elle est, sa consommation est quotidienne par pratiquement tous les jeunes et les moins jeunes.....Pas de pénalisation ici, le cannabis c'est la vie!!?!














Bref, c'est l'été à Ouvéa,  avec ses algues vertes qui finissent par pourrir, sa chaleur moite, ses orages, ses coups d'ouest, qui apportent le vent et les vagues sur le lagon, ses moustiques....








Donc pour les touristes qui désirent rencontrer "le paradis" évitez cette saison, ce ne sera pas la vôtre.












Le pont de Mouli en été



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                                                    Bonsoir à tous Profitez bien de la neige et du froid.



mercredi 10 décembre 2014

Une semaine de vacances à Lifou








Bonjour à tous et merci pour vos encouragements


Une semaine de congés en famille.

Lifou (DREHU en langue) est très différente d'Ouvéa (IAII).
C'est une  grande île d'environ 1000km2 divisée en trois chefferies.

On ressent très rapidement en débarquant une autre ambiance : Lifou est tout de suite beaucoup plus riche et plus dynamique qu'Ouvéa.

C'est un intermédiaire entre Nouméa ("la Française") et Ouvéa ("la Kanak").



Les commerces y sont plus nombreux et mieux achalandés, les prix y sont moins chers qu'à Ouvéa et il y a même une petite grande surface CORAIL à Wé la ville principale qui est la ville administrative de la province des îles avec ses fonctionnaires, son lycée, une superbe base de voile, un petit port de plaisance.
 Le tourisme y est aussi plus développé.


Je suis étonnée de voir peu de cases, presque toutes les maisons sont en dur et les cases qui restent sont parfois en mauvais état (ce qui est très rare à Ouvéa).




















































Les cases sont rondes, légèrement différentes des cases d'Ouvéa, le toit se prolonge par les murs extérieurs.









Les plages



La plage de Peng





La plage  de Xodre










Lifou est un massif corallien recouvert d'une grande foret très dense avec une organisation des villes et villages en périphérie de l'ile et le long des quelques routes qui la traverse.
On y visite des vanilleraies, des grottes, on peut y plonger et facilement faire du PMT (palme masque tuba) le long des côtes ou faire des balades en forêt.





En famille en balade dans la forêt primaire





A Muchaweng, visite chez Joseph de sa vanilleraie



Fécondation manuelle de la fleur de vanille








Une fougère arborescente










La baie de santal avec la baie de Xepenehe, la baie de Jinek et Easo





Nous avons logé en tribu chez Bella Patel à Luengonhi et dormi dans une case traditionnelle.







  Une très jolie case traditionnelle
avec son carré central creusé qui permet de faire du feu pour enfumer la case et détruire les termites ou imperméabiliser le toit en tapissant l'intérieur de suie (en fonction des avis des uns et des autres).


















C'était juste un petit aperçu de sensations de vacances avant un retour sur Ouvéa
Bonsoir à tous.